À 45 kilomètres au nord de Bastia, au bout d’une route sinueuse qui longe le cap Corse, Centuri attend ceux qui cherchent autre chose. Pas les grandes plages bondées, pas les restaurants à menus plastifiés. Un port minuscule, des maisons aux toits de serpentine verte, et en contrebas, des eaux d’un bleu qui tire vers le turquoise profond. J’ai découvert ce village lors d’un détour imprévu, et je n’en suis pas revenue indemne.
Bonifacio attire chaque été des milliers de visiteurs pour ses falaises calcaires et ses grottes marines. Centuri joue dans une autre catégorie : celle des villages corsus qui se méritent. La route seule décourage les impatients, avec ses virages suspendus au-dessus de la mer et ses passages à une voie entre deux maquis odorants. Un filtre naturel, presque.
Un port de pêche coincé entre montagne et mer
Le port de Centuri compte à peine 200 habitants à l’année. Ce chiffre dit tout sur l’atmosphère du lieu : ici, le temps n’a pas la même densité. Le matin, les barques colorées oscillent doucement dans le port, les pêcheurs déchargent des casiers à langoustes, et l’odeur iodée se mélange au café servi en terrasse. C’est concret, vivant, authentique sans effort.
Depuis le belvédère qui surplombe le village, la vue embrasse l’intégralité du golfe de Centuri, avec au loin les côtes toscanes par temps clair. Une perspective que peu de sites corses offrent avec cette générosité. Le cap Corse agit ici comme une proue qui fend la Méditerranée, et on comprend pourquoi les Génois avaient planté une tour de guet sur ce promontoire.
Pour atteindre les criques sauvages autour du village, voici les options selon votre niveau :
- À pied depuis le port : longer la côte vers le nord sur le sentier des douaniers (environ 30 minutes) pour rejoindre de petites anses rocheuses quasi désertes.
- En bateau : louer une embarcation auprès des pêcheurs locaux pour atteindre des calanques inaccessibles par la route.
- En kayak : la solution que je recommande pour longer les falaises à hauteur d’eau et repérer les grottes marines de la pointe de Capandula.
Criques secrètes et panoramas à couper le souffle
La crique de Cala Murata, accessible uniquement à la nage ou en embarcation, concentre tout ce que j’aime dans une destination confidentielle : l’eau transparente sur fond de galets blancs, le silence coupé seulement par le ressac, et l’absence totale d’équipements touristiques. Pas de ponton, pas de parasols, rien. Juste la roche, la mer et vous.
| Point d’intérêt | Accès | Meilleur moment |
|---|---|---|
| Port de Centuri | Route D35 | Tôt le matin |
| Sentier des douaniers | À pied depuis le village | En matinée (ombre partielle) |
| Cala Murata | Bateau ou kayak | Début d’après-midi |
| Belvédère du cap | Voiture + 10 min à pied | Coucher de soleil |
Prévoir de passer au moins deux nuits sur place : une journée ne suffit pas. Les gîtes ruraux autour de Centuri proposent des hébergements entre 70 et 120 euros la nuit, selon la saison. Évitez juillet et août si vous tenez à cette atmosphère d’île dans l’île. Mai, juin ou septembre transforment le cap Corse en territoire presque privé, où chaque anse rocheuse semble vous appartenir le temps d’une baignade.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




