Plus authentique que Venise, moins touristique que Florence : cette perle italienne est la révélation de l’année

Femme explorant une ruelle médiévale avec fleurs colorées

Chaque année, des millions de voyageurs se ruent sur Venise ou Florence sans imaginer qu’à seulement 105 kilomètres de là, une ville entière les attend, presque intacte. Bologne, capitale de l’Émilie-Romagne, accueille environ 4 millions de visiteurs par an, contre 36 millions pour Venise. L’écart parle de lui-même.

J’y ai posé mes valises un mardi de septembre, sans réservation dans un musée bondé, sans selfie-stick dans les côtes. Juste des portiques ocre et des odeurs de ragù qui flottaient depuis les trattorias du quartier Santo Stefano. C’est là que j’ai compris pourquoi les Italiens eux-mêmes considèrent Bologne comme leur ville préférée.

Une ville rouge qui vit à son propre rythme

Surnommée La Rossa pour ses toits de tuiles et ses façades de brique, Bologne déroule 38 kilomètres de portiques, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2021. Ce réseau de galeries couvertes permet de traverser toute la ville sans jamais prendre la pluie. Rien de comparable n’existe ni à Venise, ni à Florence.

La Piazza Maggiore concentre à elle seule plusieurs siècles d’architecture. La basilique San Petronio, dont la construction débuta en 1390, n’a jamais été achevée : sa façade mi-marbre, mi-briques reste suspendue dans le temps, symbole d’une ville qui assume ses imperfections. Ce détail m’a touchée bien plus que la perfection lisse du Duomo florentin.

Critère Bologne Venise Florence
Visiteurs annuels ~4 millions ~36 millions ~16 millions
Files d’attente musées Rares Très longues Longues
Prix moyen d’un repas 15-20 € 30-50 € 25-40 €
Vie locale préservée Forte Quasi absente Partielle

Les pépites cachées que les guides oublient

Bologne se cache autant qu’elle se dévoile. J’ai grimpé les 498 marches de la Torre degli Asinelli, l’une des deux tours médiévales qui dominent la skyline, pour saisir un panorama de toitures rouges s’étendant jusqu’aux collines. Aucune queue, contrairement au campanile de la place San Marco.

Le marché couvert de la Quadrilatero, coincé entre des ruelles médiévales, regorge de charcutiers qui découpent la mortadelle à la main depuis des générations. C’est ici, et nulle part ailleurs, que naît la vraie gastronomie bolognaise. Pour organiser votre passage par ce quartier, voici les essentielles à cocher :

  • La via Pescherie Vecchie pour les poissonniers et fromagers artisanaux
  • La librairie Nanni, fondée en 1920, vrai institution locale
  • Le cimetière monumental della Certosa, chef-d’œuvre de sculpture néoclassique
  • Le musée d’Anatomie humaine de l’université, fondée en 1088, la plus ancienne du monde occidental

Cette université justement mérite qu’on s’y attarde. Elle donne à la ville une énergie particulière : les étudiants investissent les bars et les places jusqu’en fin de soirée, maintenant vivante une animation que le surtourisme a asphyxiée ailleurs. On ne se retrouve jamais seul face à une attraction figée dans son propre musée.

Mon conseil actionnable : arrivez par le train depuis Milan (1 heure, environ 25 euros en Frecciarossa), logez dans le quartier universitaire et réservez une table chez un trattoria de la via del Pratello. Réservez la table, pas le restaurant. C’est la nuance qui fait toute la différence entre visiter Bologne et la vivre vraiment.

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