Perchée au-dessus de la Vézère, la cité troglodytique de La Madeleine figure parmi les sites les plus déconcertants que j’aie arpentés en Dordogne. Pas une grotte ordinaire, pas un simple abri préhistorique : un village entier sculpté dans la falaise calcaire, habité du Paléolithique jusqu’au XIXe siècle. Quand on lève les yeux depuis la rivière, les façades taillées à même la roche vous sautent au visage. C’est vertigineux.
Un site troglodyte habité depuis 15 000 ans
La Madeleine ne se visite pas, elle se découvre couche par couche. L’occupation humaine du site remonte à environ 15 000 ans avant notre ère, ce qui en fait l’un des gisements éponymes du Magdalénien, cette période du Paléolithique supérieur que les archéologues ont précisément nommée d’après ce lieu. Des fouilles menées dès 1863 par Édouard Lartet, paléontologue français, ont mis au jour des outils en silex, des ossements gravés et des restes de la faune pléistocène.
Mais ce qui me enchante davantage, c’est la continuité. Après les chasseurs de rennes, des familles médiévales ont creusé leurs logis dans la même falaise. Un château fort troglodytique s’y est développé à partir du XIVe siècle, aujourd’hui partiellement conservé. Des niches, des escaliers taillés dans le calcaire, des murs de pierres sèches bouchant l’espace entre deux surplombs rocheux : l’architecture improvisée de ces habitants témoigne d’une ingéniosité intéressante face à leur environnement naturel.
Voici les principales périodes d’occupation que vous retrouverez sur les panneaux interprétatifs du site :
- Paléolithique supérieur (vers 15 000 av. J.-C.) : campement de chasseurs magdaléniens
- Moyen Âge (XIVe-XVe siècle) : installation d’un village fortifié et d’une chapelle rupestre
- Époque moderne (jusqu’au XIXe siècle) : occupation résiduelle par des familles paysannes
La chapelle rupestre, dédiée à la Vierge, conserve encore quelques vestiges de décoration peinte. Debout à l’intérieur, on touche le plafond de calcaire du bout des doigts. Tout est à échelle humaine, brut, presque intimidant.
Visiter La Madeleine : ce qu’il faut savoir avant de partir
Le site se trouve sur la commune de Tursac, en Dordogne (24), à une dizaine de kilomètres au nord des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, dans la vallée de la Vézère classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’accès se fait depuis la route D706, avec un parking aménagé en contrebas. Comptez ensuite une courte montée à pied pour rejoindre l’entrée, environ 10 minutes.
| Période | Horaires d’ouverture | Tarif adulte |
|---|---|---|
| Avril, juin | 10h, 18h | 7 € |
| Juillet, août | 9h30, 19h | 7 € |
| Septembre, octobre | 10h, 17h30 | 7 € |
Je recommande d’y aller tôt le matin en juillet ou en août : la lumière rasante sur la falaise révèle chaque creux, chaque rainure creusée par des générations de mains anonymes. La fraîcheur naturelle de la roche rend la visite agréable même par forte chaleur. Prévoir des chaussures à semelles antidérapantes, certaines sections sont humides.
La vue sur la Vézère depuis les hauteurs de la falaise mérite à elle seule le déplacement. La rivière serpente entre les peupliers, les canoës glissent en silence, et l’on réalise que ces falaises ont abrité des regards humains pendant des millénaires. Associer La Madeleine à une descente en canoë sur la Vézère reste, selon moi, la meilleure façon d’absorber pleinement ce territoire.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




