Nous savons aujourd’hui que vivre plus longtemps ne signifie pas nécessairement vivre mieux. Les femmes en France affichent une espérance de vie de 85 ans, contre 80 ans pour les hommes, mais leur espérance de vie en bonne santé reste identique à celle des hommes, tournant autour de 64 ans. Ce constat révèle une réalité qui nous touche toutes : nous passons davantage d’années confrontées à des douleurs chroniques, des maladies invalidantes ou une perte d’autonomie progressive. Pendant longtemps, la médecine a fait de l’homme le référent universel, réduisant nos préoccupations de santé à la seule dimension reproductive. Les essais cliniques se sont concentrés sur des cohortes masculines, les traitements ont été pensés pour des corps d’hommes, et les effets secondaires sur nos organismes demeurent insuffisamment documentés. Cette négligence historique entraîne encore aujourd’hui des retards de diagnostic aux conséquences parfois fatales.
Des maladies cardiovasculaires trop souvent négligées
Chaque jour en France, près de 200 femmes meurent d’une maladie cardiovasculaire. Oui, vous avez bien lu : 200 décès quotidiens qui auraient pu être évités dans 80% des cas grâce à un dépistage régulier. Pourtant, cette nécessité reste trop peu connue, et nous continuons à sous-estimer ces risques qui nous concernent au premier chef. Les maladies cardiovasculaires représentent désormais la première cause de mortalité féminine, un fait que beaucoup ignorent encore.
Lorsque nous ressentons une douleur thoracique, des nausées ou un essoufflement inhabituel, nos symptômes sont trop souvent confondus avec ceux d’une crise d’angoisse. Cette confusion dangereuse retarde la prise en charge urgente et accroît la mortalité. Chez les jeunes femmes, cette minimisation est encore plus marquée, car nous sommes pensées comme non exposées à ce type de risques cardiovasculaires. Des campagnes de sensibilisation ciblées, similaires à celles déployées pour le dépistage du cancer du sein, permettraient de mieux nous informer sur ces signes annonciateurs et de sauver des vies.
Facteur de risqueImpact chez les femmesMéconnaissance des symptômesRetard de diagnostic et prise en charge tardiveConfusion avec anxiétéMinimisation des symptômes d’infarctusAbsence de dépistage régulier80% des maladies cardiovasculaires évitables non détectées
Des pathologies féminines enfin reconnues mais encore mal prises en charge
L’endométriose touche une femme sur dix en France, soit près de 1,5 million de femmes, mais il faut en moyenne sept ans pour obtenir un diagnostic. Sept années pendant lesquelles nous devons composer avec des douleurs invalidantes, des arrêts de travail répétés, et une incompréhension généralisée de notre entourage. Cette maladie représente l’une des premières causes d’infertilité, et pourtant, elle reste largement sous-diagnostiquée. Nous avons longtemps entendu que nos douleurs menstruelles étaient normales, qu’il fallait simplement « serrer les dents ». Cette banalisation a des conséquences dramatiques sur notre qualité de vie et notre santé reproductive.
Heureusement, une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose a été mise en place, visant à mieux informer la population et améliorer notre prise en charge. Le gouvernement a décidé de rembourser intégralement le test salivaire à titre expérimental pour faciliter le diagnostic. Des filières territoriales spécifiques sont progressivement déployées dans toutes les régions, et un Programme et Équipement Prioritaire de Recherche doté de 25 millions d’euros sur cinq ans a été lancé en 2025. Pour soulager les douleurs des règles, certaines solutions comme le boxer menstruel offrent un confort supplémentaire pendant ces périodes difficiles.
La précarité menstruelle concerne près de quatre millions de femmes en France. Dans le cadre du Pacte des Solidarités, 15 millions de protections périodiques ont été distribuées à 200 000 femmes en situation précaire en 2023, grâce à une enveloppe de 4,9 millions d’euros. Le remboursement par la Sécurité sociale des protections périodiques réutilisables pour toutes les jeunes femmes de moins de 25 ans a été annoncé, avec une extension prévue à toutes les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire d’ici fin 2025. Ces avancées concrètes répondent enfin à un besoin fondamental longtemps ignoré.
Quand notre santé mentale est minimisée
Près de 12% des adolescentes souffrent de troubles psychiques sévères, un chiffre en forte hausse depuis la crise sanitaire. Chez les adolescentes, nous constatons une augmentation significative des cas de dépression et des comportements d’automutilation, avec une prévalence de 35% supérieure chez les filles par rapport aux garçons. À tous les âges, notre douleur est trop souvent banalisée, notre santé mentale ramenée à une supposée fragilité émotionnelle inhérente à notre nature. Les passages à l’acte des adolescentes sont fréquemment minimisés, retardant la prise en charge et aggravant le risque suicidaire.
Entre une et deux femmes sur dix peuvent connaître un état dépressif pendant et après la grossesse. La dépression post-partum reste taboue, alors qu’elle touche des milliers de femmes chaque année. Un accompagnement psychologique allant jusqu’à 12 séances par an, pris en charge par l’Assurance maladie grâce au dispositif Mon Soutien Psy, a été mis en place. Cette reconnaissance institutionnelle marque un tournant dans la prise en compte de notre santé mentale.
Vers une prise en compte globale de notre bien-être
Malgré de meilleures habitudes de vie déclarées, nous nous percevons en moins bonne santé que les hommes. Selon le Baromètre de Santé publique France 2021, seulement 65% des femmes se considèrent en bonne santé, contre 71% des hommes. Nous avons pourtant des comportements plus favorables concernant le tabagisme quotidien (22% contre 27%), la consommation d’alcool et l’alimentation. Nous sommes moins nombreuses à déclarer boire chaque semaine (28% contre 50,5%) ou chaque jour (4% contre 13%).
Les points d’attention concernent principalement :
- Une consommation plus élevée de produits sucrés (64% contre 54%)
- Une activité physique insuffisante : seulement 42% atteignent les 30 minutes quotidiennes recommandées
- Des troubles musculo-squelettiques touchant près de 60% des femmes de 18 à 64 ans
- Une souffrance psychique liée au travail deux fois plus élevée que chez les hommes (6% contre 3%)
Plus de 11% des femmes salariées sont concernées par une maladie en lien avec le travail. Nous représentons 63% de l’ensemble des agents de la fonction publique, et nos absences pour raison de santé sont plus fréquentes, notamment en raison d’arrêts liés à notre santé reproductive : grossesse, ménopause, cancer du sein. Le travail demeure plus souvent un milieu défavorable à notre santé physique et psychique, particulièrement dans les secteurs du transport, de la construction et de l’industrie. Ces constats doivent nous inciter collectivement à revendiquer de meilleures conditions de travail et une reconnaissance de nos spécificités.

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