Gordes cumule 1,5 million de visiteurs par an. Les ruelles y sont saturées dès juillet, les terrasses prises d’assaut, et l’authenticité du village provençal s’est un peu dissoute dans la masse. Pourtant, à moins de 15 kilomètres de là, perché sur un éperon rocheux du versant sud du Luberon, Saignon attend, presque ignoré. Je l’ai découvert un matin de plein été, et j’y ai croisé… trois randonneurs et un chat.
Saignon, le village perché du Luberon que les foules ont oublié
Accroché à 450 mètres d’altitude au-dessus d’Apt, Saignon déroule ses ruelles en pierres blondes avec une sérénité déconcertante. Les façades rosées s’empilent sur le rocher comme si elles avaient poussé là naturellement, les volets en bois peints en bleu délavé, les géraniums débordant des rebords de fenêtres. Pas besoin de dire que c’est beau : regardez les ombres que projettent les platanes centenaires sur la place de la Fontaine en fin d’après-midi, et vous comprendrez.
Le village compte environ 1 100 habitants à l’année, un chiffre qui change tout. Les épiceries ferment à l’heure du déjeuner, la boulangerie affiche complet pour la tarte aux amandes avant 10h, et les habitants vous saluent quand vous passez. Ce sont des signaux que l’on ne capte plus à Gordes depuis longtemps. Saignon n’a pas été formaté pour le tourisme de masse, ce qui en fait précisément sa valeur.
Le rocher de Saignon, qui domine le village, offre un panorama vertigineux sur le plateau des Claparèdes et les champs de lavande en contrebas. J’y suis montée en vingt minutes depuis la place centrale, par un sentier balisé, sans croiser personne. À Gordes, la même vue se mérite en faisant la queue au parking.
Ce qu’on vient chercher ici, et comment bien organiser sa visite
Le charme du village tient à plusieurs atouts concrets, que voici rassemblés pour planifier votre séjour :
- La collégiale romane Notre-Dame de Saignon, dont les origines remontent au XIIe siècle, avec sa nef sobre et ses pierres usées par les siècles.
- Le sentier des ocres et lavandes, départ depuis le village, accessible sans voiture tout-terrain.
- Le marché d’Apt, le samedi matin, à 7 kilomètres seulement, parmi les plus grands marchés provençaux du Vaucluse.
- L’hébergement dans les mas et chambres d’hôtes locales, souvent deux à trois fois moins chers qu’à Gordes pour une qualité équivalente.
Pour ceux qui veulent comparer avant de choisir leur base dans le Luberon, voici un aperçu rapide :
| Critère | Gordes | Saignon |
|---|---|---|
| Fréquentation estivale | Très élevée | Faible |
| Prix hébergement (nuit double) | 180-350 € | 75-150 € |
| Stationnement | Difficile, payant | Libre, aisé |
| Authenticité perçue | Moyenne | Forte |
La meilleure période pour visiter Saignon reste mai, juin ou septembre. La lumière y est plus douce, la lavande encore présente en juin, et les sentiers du Parc naturel régional du Luberon tout à fait praticables. Évitez les deux semaines autour du 15 août, même ici la pression touristique monte légèrement.
Si vous souhaitez aller plus loin, sachez que Saignon sert de point de départ idéal pour visiter des hameaux encore plus confidentiels comme Sivergues, accessible uniquement à pied depuis le plateau. Un village, littéralement au bout d’un chemin de terre, sans commerce, sans signal téléphonique. Le Luberon profond commence là.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




