Surnommée la petite Venise de Provence, cette ville fascine par ses canaux

Femme admirant un canal avec bateau dans village provençal coloré

Martigues, petite ville de 49 000 habitants nichée à l’ouest de l’étang de Berre, porte un surnom que je trouve absolument mérité : la Venise de Provence. Trois îles reliées par des ponts, des canaux qui reflètent les façades colorées, des barques amarrées sous des arches de pierre… J’ai eu le souffle coupé dès ma première visite.

L’origine d’un surnom qui traverse les siècles

Ce territoire formé de trois anciens villages, Jonquières, l’Île et Ferrières, fut réuni en une seule commune en 1581. Chacun occupait une rive différente du canal de Caronte, qui relie l’étang de Berre à la mer Méditerranée. Cette configuration géographique unique a immédiatement frappé les voyageurs.

Le peintre Félix Ziem, né en 1821, fut parmi les premiers à immortaliser ces reflets dorés sur l’eau. Il installa son atelier à Martigues et y revint chaque année pendant plus de quarante ans. C’est en partie grâce à lui que la comparaison avec la cité des Doges s’est répandue dans toute l’Europe artistique du XIXe siècle.

Voici les trois quartiers qui composent la ville et leur caractère distinctif :

  • L’Île : le coeur historique, avec l’église de la Madeleine et ses façades ocre et rouge
  • Ferrières : côté étang, plus calme, avec ses ruelles pavées et ses jardins cachés
  • Jonquières : ouvert sur la mer, animé, avec le marché et les terrasses de café

Le miroir aux oiseaux et les canaux emblématiques

Le spot le plus photographié de Martigues reste sans conteste le miroir aux oiseaux, un bras du canal de Ferrières. Je me souviens d’y être arrivée tôt le matin, vers 7h, quand la lumière rasante transforme l’eau en laque dorée. Les barques colorées s’y mirent parfaitement, et l’on comprend pourquoi des peintres ont choisi cet endroit plutôt que Florence ou Amsterdam.

Le canal Saint-Sébastien, lui, traverse l’Île sur toute sa longueur. Ses quais accueillent des pêcheurs qui pratiquent encore la pêche à la nigelle, une technique habituelle locale. Les maisons qui le bordent arborent des teintes allant du jaune safran au rose pâle, un camaïeu que je qualifie volontiers de palette provençale vivante.

Canal Quartier Particularité
Canal de Ferrières Ferrières Miroir aux oiseaux, spot photo emblématique
Canal Saint-Sébastien L’Île Pêche traditionnelle, façades colorées
Canal de Caronte Jonquières Liaison étang de Berre / Méditerranée

Surnommée la petite Venise de Provence, cette ville fascine par ses canaux

Visiter Martigues autrement : les pépites que peu de guides mentionnent

Le musée Ziem, ouvert depuis 1908, conserve plus de 800 oeuvres du peintre et retrace l’histoire artistique de la cité provençale. L’entrée est gratuite le premier dimanche du mois. Un détail qui change tout pour un séjour en solo ou en famille avec un budget serré.

Je vous conseille vivement de prévoir votre visite entre avril et juin. Les températures oscillent entre 18 et 25 degrés, les touristes restent peu nombreux, et les marchés de plein air reprennent vie. Le marché de Jonquières, chaque mardi et vendredi matin, propose des fruits, des olives et des fromages produits à moins de 50 kilomètres à la ronde.

Martigues n’est qu’à 40 minutes de Marseille par l’autoroute A55. Cette proximité en fait une excursion idéale depuis la cité phocéenne, mais aussi une étape à part entière sur la route des villages de Haute-Provence. La ville mérite clairement qu’on lui consacre au minimum une nuit pour en saisir l’atmosphère au crépuscule, quand les canaux s’embrasent d’orange et de violet.