Le cap Taillat, dans le Var, reste l’un des secrets les mieux gardés du littoral méditerranéen français. Classé en réserve naturelle depuis 1974, ce site appartient au Conservatoire du Littoral, ce qui lui garantit une protection totale contre toute construction. Résultat : des criques d’une sauvagerie absolue, que même les calanques de Cassis ne surpassent pas toujours.
Cap Taillat : le littoral varois dans son état le plus brut
Je me souviens de ma première approche du cap. J’arrivais depuis La Croix-Valmer, en longeant le sentier du littoral depuis la plage de Gigaro, environ 6 kilomètres à pied aller. Pas de route. Pas de parking au bout. Juste un chemin qui s’affine entre les pins maritimes et les lentisques, avec la mer qui scintille par intermittence entre les branches.
Le cap Taillat forme une presqu’île naturelle d’une vingtaine d’hectares, rattachée au continent par un cordon de sable fin. Des deux côtés, des criques s’ouvrent directement sur le large. L’eau y atteint des nuances que je ne savais pas possibles en France : un bleu-vert transparent, avec des fonds visibles à 5 ou 6 mètres de profondeur. Les roches ocre plongent dans l’eau comme des sculptures, sans aménagement ni bouée délimitant les zones de baignade.
Contrairement aux calanques de Cassis, accessibles parfois en voiture jusqu’à Port-Miou ou en navette depuis la ville, ici il n’existe aucun raccourci. Cette absence de facilité d’accès constitue, paradoxalement, la meilleure protection de l’endroit. Ceux qui arrivent ont marché. Ils respectent.
| Critère | Cap Taillat (Var) | Calanques de Cassis |
|---|---|---|
| Accès motorisé | Aucun | Partiel (Port-Miou) |
| Fréquentation estivale | Modérée | Très élevée |
| Infrastructures sur site | Aucune | Quelques équipements |
| Protection juridique | Conservatoire du Littoral | Parc national des Calanques |
Comment préparer sa visite de ce coin sauvage du Var
La meilleure fenêtre pour découvrir ces criques aux eaux cristallines se situe entre mi-mai et fin juin, ou en septembre. Juillet et août amènent une fréquentation plus dense, même si elle reste très raisonnable comparée aux sites provençaux voisins. J’y suis allée un mardi de juin : une vingtaine de personnes sur toute la presqu’île. Une petite foule, selon les standards méditerranéens.
Voici ce que je recommande d’emporter pour cette randonnée côtière :
- De l’eau en quantité, aucun point de ravitaillement sur le tracé
- Des chaussures de marche légères mais adhérentes pour les rochers
- Un masque de snorkeling, la faune sous-marine y est remarquable
- Un sac poubelle, les déchets doivent repartir avec vous
Le départ depuis le parking de Gigaro (payant en saison, environ 5 euros par jour) reste le point d’accès le plus pratique. Le sentier balisé en bleu longe la côte sans discontinuer. Comptez 1h30 de marche pour atteindre la pointe du cap depuis ce parking.
Sous l’eau, les posidonies tapissent les fonds sableux entre les criques. Ces herbiers marins, protégés par la réglementation européenne depuis la directive Habitats de 1992, abritent une biodiversité unique : sars, girelles, poulpes. Je conseille vivement le snorkeling du côté est du cap, là où les rochers forment de petites grottes affleurantes.
Une astuce concrète : renseignez-vous sur les conditions de vent avant de partir. Le mistral rend certaines criques difficiles d’accès et peut rendre la mer impraticable pour la baignade, même en plein été. Météo-France publie des bulletins côtiers spécifiques au golfe de Saint-Tropez qui permettent d’anticiper ces variations sur 48 heures.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




