Plus historique qu’Avignon, moins touristique qu’Arles : cette ville provençale charme au premier regard

Femme avec courses dans village médiéval français ensoleillé

Traverser le pont suspendu au-dessus du Rhône et apercevoir les tours crénelées du château de Tarascon se découper sur le ciel bleu de Provence : voilà une image qui reste gravée longtemps après le retour à la maison. Tarascon, cité médiévale des Bouches-du-Rhône, fondée bien avant que les papes n’élisent domicile à Avignon au XIVe siècle, accumule des couches d’histoire que peu de villes provençales peuvent revendiquer avec autant de légitimité.

Chaque année, Arles accueille plus de 800 000 visiteurs attirés par ses arènes romaines et ses Rencontres de la photographie. Tarascon, elle, reste étonnamment préservée de la foule, avec une fréquentation bien plus raisonnable qui permet de flâner sans se battre contre les groupes de touristes. C’est précisément ce contraste qui m’a séduite dès mon premier passage ici.

Un château royal qui écrase tout le reste par sa stature

Le château du roi René, érigé entre 1401 et 1449 sur les bords du Rhône, est sans doute l’un des châteaux gothiques les mieux conservés de toute la France méridionale. Les murs atteignent par endroits une épaisseur de deux mètres. On monte sur les terrasses, le vent souffle fort, et en face, sur l’autre rive, le château de Beaucaire répond en miroir depuis le Gard. Ce dialogue entre deux forteresses rivales, séparées par le fleuve et par d’anciens conflits de juridiction, donne à la frontière provençale une dramaturgie que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs.

Voici ce que j’ai noté lors de ma dernière visite, pour comparer rapidement les trois villes :

Critère Tarascon Avignon Arles
Monument phare Château du roi René Palais des Papes Amphithéâtre romain
Affluence touristique Faible Très élevée Élevée
Période de fondation Antiquité Antiquité Antiquité
Ambiance générale Authentique, calme Festive, animée Culturelle, dense

L’accès au château coûte 8 euros pour un adulte, ce qui reste très raisonnable pour deux heures de visite dense. Les salles voûtées, les cours intérieures et la chapelle haute justifient amplement le déplacement.

Se perdre dans Tarascon : la vraie récompense du voyageur curieux

Le centre-ville recèle des ruelles où les façades ocre et les volets bleus composent une palette chromatique typiquement provençale. La collégiale Sainte-Marthe, qui abrite selon la tradition les reliques de la sainte protectrice de la ville, date en partie du XIIe siècle. Ses chapelles latérales baignent dans une lumière tamisée qui invite à l’arrêt, loin des circuits balisés.

Pour organiser une demi-journée sur place, je recommande cet itinéraire :

  1. Arriver à pied depuis la gare SNCF (à 10 minutes à pied du château)
  2. Visiter le château du roi René dès l’ouverture pour éviter les groupes scolaires
  3. Déjeuner dans le marché couvert ou sur le boulevard Itam
  4. Examiner la collégiale Sainte-Marthe en début d’après-midi

La légende de la Tarasque, ce monstre mi-lion mi-dragon prétendument dompté par sainte Marthe, donne son nom à la ville et revit chaque fin juin lors des fêtes traditionnelles inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2005. C’est ce mélange de mythe et de pierre vraie qui distingue Tarascon de ses voisines plus célèbres : ici, l’histoire ne se visite pas, elle se respire.

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