À quelques kilomètres de Toulon, Sanary-sur-Mer attire chaque été plusieurs centaines de milliers de visiteurs, sans jamais perdre son âme de village. Ce n’est pas un hasard : le port conserve quelque chose de rare sur la Méditerranée, cette impression d’arriver dans un endroit que le temps n’a pas encore standardisé.
Je me souviens de ma première matinée sur le quai. Des pêcheurs rangeaient leurs filets, les pointus traditionnels se balançaient doucement, et l’odeur de la mer se mêlait à celle du café chaud. Rien à voir avec l’agitation touristique que j’avais croisée quelques jours plus tôt à Cassis, pourtant magnifique mais nettement plus fréquentée.
Un port coloré qui raconte sa propre histoire
Les façades ocre, rose et jaune des maisons qui encadrent le port ne sont pas une mise en scène. Cette palette chromatique correspond à une tradition architecturale provençale authentique, préservée malgré la pression immobilière du littoral varois. Depuis le quai Général-de-Gaulle, le panorama ressemble à une aquarelle un peu passée, dans le bon sens du terme.
Les pointus, ces barques à fond plat typiques de la région, participent directement au charme du tableau. Contrairement à beaucoup de ports méditerranéens où ces embarcations ne servent plus que de décor, ici certains pêcheurs les utilisent encore. Le marché au poisson se tient chaque matin au bord de l’eau, et j’ai acheté des rougets directement depuis le quai, à 8 heures du matin, pour moins de 10 euros.
Pour mieux comprendre ce qui distingue Sanary de sa voisine cassidinoise, voici un comparatif express :
| Critère | Sanary-sur-Mer | Cassis |
|---|---|---|
| Fréquentation estivale | Élevée mais absorbable | Très élevée, saturée en juillet-août |
| Présence de pêcheurs actifs | Oui, marché quotidien | Très limitée |
| Architecture historique | Façades colorées préservées | Belles, mais très restaurées |
| Prix moyens restauration | Accessibles (12-18 €) | Élevés (20-35 €) |
Ce que Sanary réserve au-delà du port
Le village ne se limite pas à son front de mer. En remontant les ruelles vers l’église Notre-Dame-de-Pitié, construite au XVIe siècle, on découvre des passages ombragés, des placettes avec des platanes centenaires, et quelques épiceries fines où les fromages provençaux côtoient les savons de Marseille.
Sanary possède aussi une dimension culturelle peu connue. Entre 1933 et 1940, la ville a accueilli une colonie d’intellectuels allemands en exil, dont l’écrivain Thomas Mann. Cette période lui vaut occasionnellement le surnom de capitale de la littérature allemande exilée, une anecdote qui surprend toujours mes compagnons de voyage.
Pour organiser votre séjour, voici les points d’intérêt à ne pas manquer :
- Le marché provençal du mercredi matin, le plus animé de la semaine
- La chapelle Notre-Dame-de-Pitié et son panorama sur la baie
- La plage de la Gorguette, à 2 kilomètres du centre, moins fréquentée
- Une sortie en bateau vers les îles des Embiez, à 15 minutes en navette
La lumière de fin de journée sur le port mérite à elle seule le détour. Vers 19h en été, quand les touristes rentrent se changer et que les pêcheurs ramènent leurs dernières prises, Sanary reprend son visage d’avant saison. C’est dans ce créneau précis que je glisse mon appareil photo et que je comprends pourquoi ce village résiste si bien à la comparaison avec ses voisines plus célèbres.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




