On croyait que ce village du Pays basque était réservé aux initiés jusqu’à ce qu’il devienne la destination préférée des vacanciers

Rue pavée avec terrasse de café, maisons colorées basques, touristes.

Guéthary. 1 300 habitants, une falaise dorée qui plonge vers l’Atlantique, et une réputation de village jalousement gardé par ses habitués. Pendant des années, les surfeurs et les artistes basques s’y retrouvaient entre eux, loin des foules de Biarritz et de Saint-Jean-de-Luz. J’ai découvert ce village il y a cinq ans presque par accident, en ratant ma sortie sur la N10. Ce détour involontaire a changé ma façon de voyager au Pays basque.

Aujourd’hui, Guéthary figure régulièrement dans les classements des villages côtiers préférés des Français. La transformation est spectaculaire, et méritée.

Un village basque sorti de nulle part, devenu référence touristique

Guéthary doit sa singularité à sa géographie. Perché sur une falaise à une dizaine de mètres au-dessus de l’océan, entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz, il ne dispose d’aucune plage immédiatement accessible depuis le bourg. Pas de grande plage familiale, donc pas de tourisme de masse pendant longtemps. Les maisons à colombages rouges et blancs s’accrochent au coteau comme si elles avaient toujours été là, et les ruelles sentent le sel et le laurier.

Historiquement, le village a attiré une clientèle artistique dès la fin du XIXe siècle. L’architecte Joseph Hiriart, né à Guéthary en 1888, y a laissé des traces architecturales notables. La mairie elle-même, construite dans le style néo-basque, illustre parfaitement ce patrimoine bâti qui distingue le village de ses voisins.

Voici ce qui explique l’attrait croissant de Guéthary pour les voyageurs contemporains :

  • Une architecture néo-basque exceptionnellement préservée, sans rupture moderne disgracieuse
  • Des spots de surf réputés, notamment Parlementia, prisé des surfeurs expérimentés
  • Une gastronomie de proximité avec des producteurs locaux facilement accessibles
  • Une atmosphère de village authentique, loin de la saturation estivale de Biarritz
  • Une accessibilité ferroviaire directe depuis Bayonne, à environ 20 minutes en TER

Ce cocktail d’authenticité et de qualité de vie explique que les locations saisonnières y affichent des tarifs proches de 180 à 250 euros la nuit en juillet-août, soit des niveaux comparables à ceux de Saint-Jean-de-Luz, pourtant bien plus connue.

Ce que Guéthary réserve aux visiteurs qui prennent le temps

J’ai passé trois jours à Guéthary l’été dernier. Trois jours suffisent à comprendre pourquoi certains visiteurs finissent par y acheter une maison. Le marché du mardi matin, sur la place centrale, rassemble des producteurs de la côte basque espagnole et française. Les fromages de brebis, le jambon de Bayonne et les piments d’Espelette y côtoient des céramiques locales.

La plage de Cenitz, accessible à pied depuis le bourg par un sentier côtier d’environ 15 minutes, reste l’une des criques les moins fréquentées de toute la côte basque. Rochers noirs, eau turquoise par temps calme, et une poignée de baigneurs même en plein août.

Activité Niveau requis Durée estimée
Surf à Parlementia Intermédiaire à expert 2 à 3 heures
Sentier côtier vers Cenitz Tous niveaux 30 minutes aller-retour
Visite du musée de la mer (Biarritz, à 7 km) Tous niveaux 1 h 30

Ce qui me frappe à chaque visite, c’est la qualité de la lumière en fin d’après-midi. Les façades blanches captent un orange tiède vers 19h qui rend n’importe quelle photo réussie. Aucun filtre nécessaire.

Si vous souhaitez étudier Guéthary sans contrainte, évitez la voiture en juillet : le stationnement est quasi impossible et les rues n’ont pas été conçues pour absorber le flux estival. Le train reste le meilleur allié des voyageurs malins, et les vélos de location disponibles à Bidart complètent parfaitement le dispositif.

On croyait que ce village du Pays basque était réservé aux initiés jusqu’à ce qu’il devienne la destination préférée des vacanciers