À quelques kilomètres au sud de Collioure, Port-Vendres s’impose discrètement comme l’un des plus beaux ports catalans de la Côte Vermeille. Là où Collioure croule chaque été sous 2 millions de visiteurs, son voisin respire encore. Les quais sentent le filet mouillé et le café chaud. Ici, la carte postale n’a pas encore remplacé la vie réelle.
J’y ai posé mes valises un matin de septembre, presque par hasard, après avoir fui l’agitation de Collioure un dimanche. Le contraste était saisissant : des pêcheurs qui déchargent leurs caisses, des mouettes qui négocient âprement les restes, et cette lumière méditerranéenne qui teinte les façades d’ocre et de rose poudré. Pas un selfie stick en vue.
Un port de pêche authentique aux couleurs vives
Port-Vendres n’est pas un décor. C’est un vrai port de commerce et de pêche, classé deuxième port thonier de France. Ses maisons pastel alignées le long du quai Forgas forment un tableau que les peintres fauves du début du XXe siècle auraient adoré saisir. Les murs jaune safran, bleu ardoise et terracotta se reflètent dans une eau que j’ai trouvée d’un calme presque irréel en dehors de la haute saison.
Le front de mer ne ressemble pas à une promenade touristique aménagée. Des camionnettes livrent encore du poisson frais à l’aube. La criée, active depuis des décennies, attire quelques curieux matinaux, mais l’essentiel reste une affaire de professionnels. C’est précisément cette authenticité qui m’a retenue deux nuits de plus que prévu.
Pour mieux comprendre ce qui différencie Port-Vendres des autres stations de la Côte Vermeille, voici quelques repères utiles :
| Critère | Port-Vendres | Collioure |
|---|---|---|
| Fréquentation estivale | Modérée | Très élevée |
| Port actif de pêche | Oui | Partiel |
| Prix hébergement (nuit moy.) | 65-90 € | 110-160 € |
| Plages de sable | Non | Petites plages |
Ce tableau résume bien l’essentiel : Port-Vendres propose une expérience plus abordable et moins saturée, idéale si vous cherchez à sentir le pouls d’un village catalan sans faire la queue pour une glace.
Ce que vous ne verrez pas ailleurs sur la Côte Vermeille
La promenade sur le quai de la Douane au coucher du soleil mérite à elle seule le détour. Les chalutiers rentrent, les lampadaires s’allument progressivement, et les conversations des marins se mêlent au bruit des moteurs qui s’éteignent. J’ai mangé ce soir-là une assiette d’anchois marinés locaux sur une terrasse face au port pour moins de 12 euros. Difficile de faire plus juste.
Pour organiser votre visite, retenez ces indispensables :
- La criée du matin, accessible aux visiteurs certains jours (renseignez-vous à l’office de tourisme)
- Le sentier côtier vers Paulilles et son ancienne fabrique de dynamite Nobel reconvertie en site naturel protégé
- Le marché du mercredi matin, très local, avec fromages catalans et légumes du coin
- Les panoramas depuis le fort Béar, qui surplombe la baie à 100 mètres d’altitude
Port-Vendres reste un secret bien gardé des Pyrénées-Orientales. Pas de château médiéval photogénique comme à Collioure, certes. Mais une sincérité du lieu que peu de destinations méditerranéennes savent encore préserver. Si vous voulez aller plus loin, combinez cette étape avec Banyuls-sur-Mer, à 6 kilomètres au sud : la Côte Vermeille se découvre vraiment à ce rythme-là, lentement, sans plan rigide.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




