Depuis la D2, qui serpente entre les champs de lavande et les oliveraies, rien ne laisse présager ce qui attend le visiteur à Gordes. Le village semble presque banal au premier coup d’Å“il, juché sur son éperon rocheux du Luberon. Et pourtant, 800 000 visiteurs s’y pressent chaque année, bien décidés à découvrir ce que les Provençaux gardent jalousement depuis des siècles.
Le village qui se mérite : une approche trompeuse
J’ai eu beau passer devant Gordes en voiture plusieurs fois sans jamais m’arrêter. La route départementale longe les abords du village sans vraiment donner envie. On aperçoit quelques toits de lauzes, une église romane, un château du XIIe siècle. Rien de spectaculaire, a priori.
Mais tout change dès qu’on gare la voiture et qu’on commence à remonter les ruelles pavées. Les maisons en pierre calcaire s’empilent les unes sur les autres, formant une pyramide naturelle qui donne le vertige. Chaque virage, chaque escalier étroit révèle un fragment de ciel bleu ouvert sur la plaine du Vaucluse. C’est précisément cette progression, ce dévoilement progressif du paysage, qui rend la découverte si marquante.
Voici ce qu’il faut savoir avant de partir à la découverte :
- Privilégiez une arrivée tôt le matin, avant 9h, pour éviter la foule estivale
- Garez-vous au parking du bas du village et montez à pied
- Prévoyez des chaussures à semelles antidérapantes pour les pavés humides
- Emportez de l’eau : les fontaines du village ne sont pas toujours en service
Le château de Gordes, propriété de la commune depuis 1624, marque le sommet du bourg. C’est là que la magie opère vraiment. Le regard plonge sur des kilomètres de plaine ponctuée de cyprès, de vignes et de lavandes en été.
Ces panoramas qui coupent le souffle au sommet du Luberon
Le belvédère principal se niche derrière la place du Château. La vue embrasse plus de 40 kilomètres par temps clair, jusqu’aux Alpilles au sud-ouest et au Mont Ventoux au nord. Je me souviens d’un matin de juillet où la brume matinale tapissait encore la vallée de la Senancole, ne laissant dépasser que les cimes des pins parasols. Une image gravée.
Mais peu de voyageurs connaissent le second point de vue, accessible depuis la rue de l’Église :
| Point de vue | Accès | Meilleur moment |
|---|---|---|
| Belvédère du château | Place du Château, accès libre | Fin d’après-midi, lumière rasante |
| Terrasse de l’église | Rue de l’Église, 3 min à pied | Tôt le matin, brume basse |
| Chemin des Crêtes | Départ parking des Gipières | Coucher de soleil |
La lumière de fin de journée transforme la pierre calcaire blonde en or pur. Les façades changent de couleur en moins d’une heure. C’est le moment que les photographes du monde entier viennent capturer, souvent en vain car les meilleures positions se disputent dès 18h en été.
Pour aller plus loin dans l’exploration, je recommande de combiner la visite de Gordes avec celle de l’abbaye de Sénanque, à seulement 3 kilomètres au nord-ouest du village. Fondée en 1148 par les cisterciens, elle se découvre depuis un chemin de randonnée qui offre une plongée verticale sur ses toits de lauzes entourés de lavandes. Ce circuit à pied d’environ 2 heures permet d’aborder le territoire sous un angle que la route, décidément, ne révèle jamais.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




