Je dois vous avouer quelque chose : j’ai toujours été captivée par les créateurs qui réussissent à transformer leur intimité en œuvre universelle. Riad Sattouf incarne parfaitement ce paradoxe : un auteur qui se livre entièrement dans ses planches tout en restant incroyablement discret sur sa vie privée actuelle. Quand je pense à lui, je me souviens immédiatement de cette anecdote virale de décembre 2015 où il a croisé une lectrice dans le métro parisien. Cette rencontre improbable révèle tellement sur son rapport aux lecteurs ! Malgré le succès phénoménal de L’Arabe du futur, ce dessinateur au sourire bienveillant reste pudique concernant sa vie sentimentale. Il refuse d’ailleurs les questions sur sa femme et ses deux petits garçons blonds, préférant s’en sortir par des pirouettes charmantes. Pourtant, son lien avec ceux qui lisent ses livres dévoile une dimension profondément humaine de sa personnalité.
La rencontre inattendue avec une lectrice : un conte de Noël moderne
Je trouve cette histoire absolument géniale. Imaginez la scène : décembre 2015, une rame de métro parisienne typique, et Riad Sattouf aperçoit une jeune femme plongée dans L’Arabe du futur tome 2. Son livre ! Vous voyez le truc ? Le dessinateur lui adresse un sourire complice, espérant sans doute partager un moment de connivence autour de son récit autobiographique. Mais voilà, la lectrice change brusquement de place, s’éloignant de lui. Le pauvre croit l’avoir effrayée avec son regard insistant !
Comme n’importe quel créateur un brin anxieux (je le comprends tellement), il raconte sa mésaventure sur Facebook. L’anecdote devient virale en quelques heures. Les internautes partagent massivement ce moment embarrassant qui humanise cet auteur déjà célèbre. Et là, twist digne d’un scénario de film : la jeune femme en question tombe sur le post ! Elle le contacte pour lui expliquer qu’elle ne se souvient pas avoir été effrayée et qu’elle n’a simplement pas compris ce qui se passait dans le wagon bondé.
Ils décident finalement d’aller boire un verre ensemble. Riad Sattouf lui offre un dessin dans son exemplaire de L’Arabe du futur, tandis qu’elle lui apporte des gâteaux orientaux. Le 19 décembre 2015, il publie des photos de leur rencontre sur Facebook, qualifiant l’histoire de « joli conte de Noël ». Cette anecdote révèle tant sur son caractère ! On y découvre un homme qui cherche une connexion authentique avec son lectorat, malgré sa timidité naturelle. Sa capacité à transformer une situation gênante en moment de partage illustre parfaitement le contraste entre sa notoriété grandissante et sa personnalité réservée. J’adore comment il parvient à créer ces ponts humains malgré sa discrétion légendaire.
Les figures féminines qui ont marqué sa vie et son œuvre
Si vous me demandez ce qui façonne un artiste, je vous répondrai sans hésiter : les rencontres et les influences. Les femmes occupent une place centrale dans l’univers créatif de Riad Sattouf. Sa mère bretonne traverse toute sa BD autobiographique, particulièrement dans le dernier tome où elle sombre psychologiquement après l’enlèvement de son fils Fadi par son père syrien. Cette douleur maternelle irrigue l’ensemble du récit.
Mais au-delà de cette figure familiale déchirante, d’autres femmes ont nourri son imaginaire artistique. Irène Jacob, qu’il considère comme la plus belle actrice du monde, l’obsédait durant ses années d’études. Il regardait La Double Vie de Véronique en boucle ! Kim Gordon de Sonic Youth, cette blonde glaciale qui chantait et jouait de la basse, le intéressait adolescent. Kathryn Bigelow, qu’il qualifie de reine absolue de la mise en scène après avoir vu Zero Dark Thirty, représente pour lui l’excellence du cinéma.
Je trouve touchant qu’il évoque aussi Rumiko Takahashi dont il idolâtrait le manga Ranma, ou Lisa Gerrard de Dead Can Dance qu’il écoutait allongé sur son lit à Rennes en imaginant des scènes de science-fiction. Claire Bretécher demeure une influence majeure : il est tombé amoureux de son style durant ses études d’arts appliqués. Alice Miller et ses théories sur la violence transmise de parents à enfants l’ont profondément marqué, nourrissant sa réflexion sur l’enfance.
Aujourd’hui père de deux petits garçons blonds, il souhaite leur transmettre son amour absolu des livres. Mais concernant leur mère ? Mystère total. Il reste extrêmement pudique sur sa vie sentimentale actuelle, rappelant qu’on en sait déjà beaucoup avec L’Arabe du futur où tout est raconté.
Un lien privilégié avec ses lecteurs malgré sa discrétion
Voilà ce qui me enchante chez Riad Sattouf : ce grand écart permanent entre exposition et retenue. Dans ses planches autobiographiques, il révèle absolument tout selon ses propres mots. Son enfance ballottée entre la Libye de Kadhafi et la Syrie de Hafez al-Assad, sa famille déchirée, son adolescence difficile en Bretagne où il fut élu élève le plus moche du collège. Pourtant, interrogez-le sur sa femme ou sa vie présente ? Il vous répondra par une pirouette charmante.
- Il a pensé à ses grands-parents bretons comme lecteurs potentiels de L’Arabe du futur
- Il s’est inspiré de Tintin pour créer une œuvre accessible au plus grand monde
- Il voulait toucher des personnes qui ne lisent jamais de bande dessinée
- Il exige que les pages de ses livres soient cousues et non collées
- Il choisit personnellement le rouge de chaque couverture
Après l’échec de son deuxième film en 2013, ce cinéaste a radicalement changé d’approche créative. Fini le temps où il cherchait à choquer par l’humour pour se faire remarquer ! Il décide de créer en pensant à un lecteur rêvé, quelqu’un qui découvrirait la BD grâce à lui. Cette stratégie fonctionne : il a aujourd’hui une chance immense d’avoir des lecteurs alors que beaucoup d’auteurs même célèbres ne sont pas lus.
J’aime particulièrement cette idée : raconter son histoire à d’autres qui se l’approprient lui a fait du bien. Ses propres souvenirs ont été remplacés par les dessins qu’il partage désormais avec son lectorat. Il a réussi ce pari fou de transformer son vécu en récit universel qui touche profondément les gens. Cette relation unique repose sur le partage d’une intimité devenue collective, tout en préservant jalousement son jardin secret actuel.

Heyyy ! Moi c’est Cécile, j’ai 20 ans et je suis une vraie passionnée de voyages et de découvertes ! Blonde avec un grand sourire, je croque la vie à pleines dents . Toujours partante pour une nouvelle aventure ou juste un chocolat chaud entre amis . J’adore tout ce qui touche à la mode, la musique et les nouvelles cultures . À bientôt peut-être !




