Giulia Salvatori est née le 4 juillet 1962 à Rome, fille unique d’Annie Girardot et de l’acteur italien Renato Salvatori, qui se sont rencontrés sur le tournage de Rocco et ses frères. Dotée d’une double nationalité franco-italienne, elle a grandi entre deux cultures, deux langues, deux façons d’envisager la vie. Actrice elle-même, elle a pourtant marqué les mémoires davantage par son accompagnement discret mais courageux de sa mère face à la maladie d’Alzheimer, que par sa carrière devant les caméras. Depuis la disparition d’Annie Girardot le 28 février 2011, Giulia préfère le calme à la lumière des projecteurs.
Giulia Salvatori, la mémoire vive d’Annie Girardot
Le 21 septembre 2006, Giulia Salvatori prend une décision difficile : elle révèle dans Paris Match que sa mère souffre de la maladie d’Alzheimer. Ce geste fort, je le trouve d’une sincérité rare. Protéger quelqu’un qu’on aime tout en informant le public, c’est un équilibre délicat à tenir.
Elle avait pourtant compris dès 2000 que quelque chose se brisait irrémédiablement. Elle confie avoir perdu sa mère mentalement cette année-là, et physiquement onze ans plus tard. Pendant toute cette période, elle vit auprès d’Annie Girardot, sans illusion sur l’évolution de la maladie, mais avec une constance exemplaire. En 2010, pour la Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer, elle déclare au Parisien que sa mère ne se souvient plus d’avoir été actrice, elle qui avait 135 films à son actif et une carrière de 56 ans.
| Publication | Année | Éditeur | Co-auteur |
|---|---|---|---|
| La Mémoire de ma mère | 2007 | Éditions Michel Lafon | Giulia Salvatori seule |
| Annie Girardot : Un destin français | 25 octobre 2012 | Éditions Michel Lafon | Alan O’Dinam |
Ces deux livres publiés aux éditions Michel Lafon témoignent de son engagement profond. Le premier, La Mémoire de ma mère, retrace le quotidien bouleversant d’une femme qui s’efface. Le second, coécrit avec Alan O’Dinam, dresse un portrait plus large d’Annie Girardot, ancrant définitivement son souvenir dans le cinéma français. Giulia a contribué à sensibiliser le grand public à cette pathologie neurodégénérative, demandant même aux admirateurs de cesser de chercher à rencontrer sa mère pour une dernière photo.
Giulia Salvatori : une carrière d’actrice et une vie retirée des projecteurs
Trente ans devant les caméras
Sa carrière s’étend de 1980 à 2010, rythmée par des téléfilms, des séries et quelques longs-métrages. Parmi ses productions les plus connues :
- Le Cœur à l’envers
- La Vie continue
- Prisonnières de Charlotte Silvera
- Scène de rue
Elle tourne aussi dans Christian de la réalisatrice Elisabeth Löchen, aux côtés de sa propre mère. Ce film marque d’ailleurs les adieux d’Annie Girardot aux plateaux en 2007, une scène que Giulia réécoutera avec émotion sur Europe 1 en 2017, les larmes aux yeux.
Une transmission familiale évidente
Sa fille Lola Vogel a choisi le même chemin, celui des planches et du cinéma, perpétuant ainsi trois générations de comédiennes. Son fils Renato, lui, reste plus discret. Cette transmission me touche vraiment : voir une famille entière portée par une même passion pour le jeu, c’est rare.
Ses apparitions télévisées restent mémorables. Le 10 mars 2002, elle participe à Vivement dimanche pendant que sa mère est l’invitée d’honneur. Le 7 septembre 2006, elle répond aux questions de Vie privée, vie publique avec ses enfants.
Après le décès d’Annie Girardot, Giulia Salvatori choisit une vie tranquille, loin des projecteurs. Aujourd’hui âgée de 60 ans, elle maintient vivant le souvenir de sa mère via son compte Facebook, en partageant des photographies d’enfance. Une façon intime, récent et touchante de prolonger une mémoire précieuse.

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