Pourquoi aller jusqu’à Cassis quand ce petit port du Var offre des criques tout aussi spectaculaires ?

Vue de Sanary-sur-Mer

Cassis, ses calanques mythiques, ses 3 500 habitants… et ses parkings bondés dès 9h du matin en juillet. J’y suis allée il y a trois étés, et j’ai passé plus de temps à chercher une place de stationnement qu’à nager dans une crique. Depuis, je regarde vers l’est, vers Sanary-sur-Mer, ce petit port du Var qui m’a littéralement soufflé.

Cassis vs Sanary-sur-Mer : deux ports, deux ambiances

Cassis intrigue, c’est indéniable. Les falaises calcaires plongent dans une eau d’un bleu presque irréel, et les calanques de Port-Miou ou d’En-Vau figurent dans tous les guides. Mais cette notoriété a un prix : plus de 1,5 million de visiteurs par an se pressent dans ce village de 8 km², ce qui transforme certaines plages en véritable foire touristique dès le mois de juin.

Sanary, elle, joue une autre partition. Son port aux barques colorées, ses mimosas qui fleurissent dès février, ses ruelles qui sentent la garrigue et la lavande séchée… Je me souviens d’avoir posé mon sac sur la petite plage de la Gorguette un mardi de août, entourée de familles locales plutôt que de cars de touristes. L’accès aux criques y reste libre et non réglementé, contrairement aux calanques de Cassis où certaines zones nécessitent désormais une réservation.

Voici un comparatif objectif pour vous aider à retenir selon votre profil :

Critère Cassis Sanary-sur-Mer
Fréquentation estivale Très élevée Modérée
Accès aux criques Réservation parfois obligatoire Libre et gratuit
Prix moyen d’un restaurant 28 à 45 € par personne 15 à 28 € par personne
Adapté pour Couple, randonneurs Familles, petits budgets

Les criques de Sanary : un secret encore bien gardé

Quand je parle de criques spectaculaires, je ne cherche pas à survendre le lieu. Je décris ce que j’ai vu : des rochers ocre et blanc qui tombent immédiatement dans une mer transparente, des petites anses où l’eau passe du turquoise au bleu marine en quelques mètres. La calanque du Bestouan à Cassis impressionne, mais la crique de la Beaumaderie à Sanary offre ce même sentiment d’isolement sans la queue ni les navettes payantes.

Plusieurs activités complètent le séjour balnéaire à Sanary :

  • La plongée sous-marine autour des îles des Embiez, à seulement 5 km du port
  • Le kayak de mer le long du littoral varois
  • La visite du marché provençal du mercredi matin, l’un des plus animés de la côte
  • La balade à pied vers les criques depuis le sentier du littoral

L’écrivain Aldous Huxley avait choisi Sanary comme refuge dans les années 1930 pour ses exilés allemands, dont Bertolt Brecht. Ce détail dit quelque chose sur le caractère du lieu : une discrétion cultivée, une douceur de vivre réelle, loin du spectacle de masse.

Pour les familles avec enfants, Sanary remporte la comparaison haut la main. Les eaux y sont moins exposées aux courants, les fonds sablonneux facilitent la baignade, et le rapport qualité-prix reste imbattable face aux tarifs de l’hébergement cassidain. Un couple cherchant un cadre sauvage et romantique pourra hésiter davantage, mais même eux trouveront leur crique idéale à moins de vingt minutes à pied du port. Le vrai luxe, parfois, c’est simplement de ne pas avoir à réserver sa mer.

Pourquoi aller jusqu'à Cassis quand ce petit port du Var offre des criques tout aussi spectaculaires ?

Crédit photo à la une : Binabik155 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)