Traverser les rues droites de Monpazier en Dordogne, c’est recevoir en pleine figure sept siècles d’histoire parfaitement conservée. Ce village de bastide, fondé en 1285 par Édouard Ier d’Angleterre, revendique un titre que peu de voyageurs connaissent : parmi les plus le plus grands village fortifié médiéval d’Europe. Pourtant, il accueille à peine 500 habitants à l’année.
Monpazier, bastide royale oubliée au coeur du Périgord Noir
La première fois que j’ai posé le pied sur la place des Cornières, j’ai eu l’impression de traverser un décor de cinéma. Sauf que tout est authentique. Les arcades en pierre blonde encadrent une place centrale d’une symétrie presque troublante, les ruelles se croisent à angle droit selon un plan en damier caractéristique des bastides anglaises. Monpazier figure parmi les bastides les mieux préservées d’Europe, et l’UNESCO l’a inscrit au réseau des « Plus Beaux Villages de France ».
L’architecture militaire ici ne s’impose pas par des tours imposantes ou des douves profondes. Elle se lit dans les détails : les couverts (ces galeries couvertes qui protégeaient autrefois les marchands), les maisons jointives sans ruelle d’écart pour éviter les incendies propagés par les assaillants, les rares ouvertures sur l’extérieur des remparts. Voici ce que vous découvrirez en vous y promenant :
- La place des Cornières, cœur géométrique du village, entourée d’arcades gothiques
- L’église Saint-Dominique, bâtie au XIIIe siècle avec ses vitraux sobres et son clocher trapu
- Les remparts partiellement restaurés, encore visibles côté est
- Les maisons à encorbellement typiques du Périgord Noir
Malgré ce patrimoine, Monpazier reçoit moins de 100 000 visiteurs par an, quand des sites bien moins remarquables accumulent plusieurs millions d’entrées. La Dordogne attire pourtant chaque été des touristes venus de toute l’Europe. Alors pourquoi ce village reste-t-il aussi discret ? En partie parce qu’il n’existe pas de grande infrastructure hôtelière sur place, en partie parce qu’aucune campagne nationale ne l’a jamais vraiment mis en lumière.
Organiser sa visite à Monpazier : infos pratiques et bons tuyaux
J’y suis allée un mardi matin de juin, avant 10h. La place était presque déserte. Cette tranquillité-là, on ne la trouve plus à Sarlat ou aux Eyzies, pourtant situés à moins de 50 kilomètres. Monpazier se mérite un peu : sans voiture, l’accès reste compliqué depuis Périgueux ou Bergerac.
| Départ | Distance | Durée approximative |
|---|---|---|
| Périgueux | 75 km | 1h10 en voiture |
| Bergerac | 45 km | 50 min en voiture |
| Sarlat-la-Canéda | 47 km | 55 min en voiture |
Prévoyez une demi-journée minimum pour flâner sans se presser. Le marché du jeudi matin transforme la place des Cornières en scène vivante où producteurs locaux et habitants se retrouvent comme depuis des siècles. C’est là, autour d’un verre de bergerac blanc, que le village révèle vraiment son âme.
Le conseil que je donne toujours : combinez Monpazier avec la bastide de Beaumont-du-Périgord, à 10 kilomètres seulement. Deux villages fortifiés dans la même journée, deux ambiances différentes, et la satisfaction rare de découvrir un patrimoine médiéval in situ sans queue ni foule. Le vrai luxe du voyage, c’est souvent celui qu’on trouve là où personne ne regarde encore.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




