Martigues capte 2 900 heures d’ensoleillement par an, soit davantage que Toulon, pourtant réputée pour sa douceur méditerranéenne. C’est le premier chiffre qui m’a surprise quand j’ai préparé mon séjour dans cette ville du Var aux portes de la Camargue. Une lumière particulière, presque dorée sur les canaux, qui explique pourquoi les peintres du XIXe siècle la surnommaient déjà la Venise provençale.
Un caractère lumineux qui tranche avec ses grandes voisines
Marseille m’a toujours impressionnée, mais elle fatigue vite. La densité touristique du Vieux-Port, les files d’attente au MuCEM, les terrasses bondées dès le mois de mai… À Martigues, l’atmosphère change radicalement. Les étangs de Berre et de Caronte découpent la ville en trois quartiers distincts : Ferrières, l’Île et Jonquières. Chaque pont traverse une eau différente, chaque ruelle a sa propre couleur de volet. Pas de cohue, pas de bruit de fond permanent.
Ce que j’aime surtout, c’est la qualité de la lumière en fin de journée. Les façades ocre et rose reflètent sur le canal Saint-Sébastien exactement comme sur une toile de Ziem, le peintre félix Ziem qui a représenté ce paysage des centaines de fois au XIXe siècle. Le musée Ziem, ouvert depuis 1908, conserve plus de 200 de ses œuvres et reste gratuit pour les résidents. Une rareté.
La comparaison avec Toulon mérite aussi d’être posée franchement. Toulon attire pour sa rade exceptionnelle et son dynamisme naval, mais son centre-ville reste moins apaisé pour une promenade sans but précis. À Martigues, flâner est une activité à part entière. Les barques colorées amarrées quai Brescon, les terrasses de cafés face au miroir d’eau, les marchés du samedi matin : tout invite à ralentir.
| Critère | Martigues | Toulon | Marseille |
|---|---|---|---|
| Ensoleillement annuel | 2 900 h | 2 800 h | 2 750 h |
| Pression touristique estivale | Modérée | Élevée | Très élevée |
| Accès bord de mer | Canaux + plages | Rade + plages | Calanques + ports |
Les moteurs d’un renouveau touristique bien réel
Ce regain d’attractivité ne doit rien au hasard. Plusieurs facteurs convergent pour replacer Martigues sur la carte des escapades provençales recherchées par les voyageurs exigeants.
- La réhabilitation du quartier de l’Île, avec ses façades restaurées et ses ruelles piétonnes réaménagées depuis 2021
- Le développement d’une offre de logements atypiques : péniches, maisons de canal, mas rénovés en périphérie
- La programmation culturelle enrichie, notamment le festival Nuits de Guitares qui attire chaque été des artistes internationaux
- La proximité immédiate des plages de la Côte Bleue, accessibles en moins de 20 minutes en voiture
J’ai rencontré plusieurs propriétaires de gîtes lors de mon dernier passage en juillet 2025. Tous confirment une hausse de fréquentation de 18 % entre 2023 et 2024, portée par une clientèle française mais aussi belge et suisse, lassée de la saturation des grandes destinations méditerranéennes. Cette clientèle cherche du calme, de l’authenticité et un ancrage dans la culture locale, exactement ce que propose Martigues sans surjouer la carte pittoresque.
Mon conseil concret : venez hors saison, en septembre ou en octobre. Les lumières de fin d’été sur les canaux dépassent tout ce qu’on peut voir en plein mois d’août, sans la foule, et les restaurateurs prennent enfin le temps de vous parler. C’est là que la ville se révèle vraiment, dans ce rythme méditerranéen qui ne se met pas en scène.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




