Chaque été, Saint-Tropez accueille plus de 5 millions de visiteurs sur une commune de moins de 5 000 habitants permanents. Le résultat ? Des ruelles saturées, des terrasses à 22 euros le café, et cette sensation désagréable d’être dans un décor plutôt que dans un village. J’ai vécu ça, j’ai pris ma voiture, et je suis allée chercher ailleurs.
C’est là que Sanary-sur-Mer m’a surprise. Nichée entre Bandol et Toulon, cette petite station varoise a tout ce que les grandes destinations promettent sans tenir parole : des barques colorées qui se balancent dans un port animé, des marchés où les pêcheurs vendent encore leurs prises du matin, et des venelles fleuries que personne ne vous dispute.
Trois stations du Var, trois expériences radicalement différentes
Pour comprendre ce qui rend Sanary-sur-Mer si particulière, il faut la confronter à ses voisines plus célèbres. J’ai passé plusieurs séjours dans chacune des trois destinations, et les écarts sont saisissants.
| Critère | Saint-Tropez | Sainte-Maxime | Sanary-sur-Mer |
|---|---|---|---|
| Fréquentation estivale | Très élevée (5 M+/an) | Élevée | Modérée |
| Prix moyen d’un café en terrasse | 15-22 € | 5-8 € | 3-5 € |
| Atmosphère | Glamour, mondaine | Familiale, organisée | Authentique, village |
| Marché de pêcheurs actif | Non | Partiel | Oui, tous les matins |
Sainte-Maxime occupe un entre-deux honnête : moins chère que sa voisine de prestige, mieux équipée en hôtels et restaurants familiaux, mais déjà bien engorgée en juillet-août. L’accès à la plage ressemble parfois à une opération logistique. Sanary, elle, respire encore.
Le port de Sanary mérite qu’on s’y attarde. Les pointus traditionnels peints en bleu et en rouge forment une palette que j’aurais envie de photographier pendant des heures. Ce n’est pas une mise en scène pour touristes : c’est le quotidien des marins locaux, visible chaque matin avant 8h.
Ce que Sanary offre que les autres ne peuvent plus promettre
L’écrivain allemand Bertolt Brecht a séjourné à Sanary-sur-Mer en exil dans les années 1930, tout comme Stefan Zweig et une partie de l’intelligentsia européenne fuyant le nazisme. Ce détail historique me touche : la ville a toujours attiré ceux qui cherchaient un refuge discret, loin du bruit. Rien n’a vraiment changé.
Voici ce que je retiens concrètement de mes passages dans cette station :
- Le marché provençal du jeudi, avec ses producteurs locaux de fruits et d’huile d’olive
- Les criques accessibles à pied depuis le centre, sans navette ni réservation
- Une gastronomie orientée poisson frais, à des prix encore raisonnables
- Un centre-ville piéton qui garde son échelle humaine même en plein mois d’août
La vraie différence tient dans la façon dont le temps s’écoule ici. À Saint-Tropez, on consomme l’expérience balnéaire à toute vitesse, entre file d’attente et selfie obligatoire. À Sanary, j’ai pris un pastis sur le port en regardant deux joueurs de pétanque sans que personne ne me bouscule.
Si vous cherchez une destination méditerranéenne encore préservée, planifiez votre séjour hors des deux premières semaines d’août. La fréquentation reste gérable, les loueurs de vélos sont disponibles sans attente, et vous profiterez du village comme ses habitants le connaissent vraiment : sans mise en scène, sans surenchère.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




