La vallée de la Clarée, nichée dans les Hautes-Alpes à deux pas de Briançon, m’a arrêtée net dès les premiers lacets. Ces aiguilles calcaires qui crèvent le ciel bleu, ces alpages d’un vert presque irréel, ces villages de pierre grise figés dans le temps… J’avais l’impression de retrouver quelque chose que j’avais déjà vu quelque part. Les Dolomites italiennes, bien sûr. Mais ici, côté français.
Une vallée alpine qui rivalise avec les sommets italiens
La Clarée s’étire sur une vingtaine de kilomètres depuis Névache jusqu’au col de l’Échelle, à 1 762 mètres d’altitude, à quelques encablures seulement de la frontière italienne. Ce qui frappe immédiatement, c’est la verticalité des parois rocheuses qui encadrent la vallée : des falaises blanches et ocre qui s’élancent vers 3 000 mètres, sculptées par l’érosion en arêtes tranchantes. Ces formations calcaires évoquent irrésistiblement le massif des Dolomites, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009.
Pourtant, la Clarée garde une identité bien à elle. La rivière éponyme serpente entre les mélèzes et les épicéas, créant des reflets turquoise dans les vasques naturelles. J’ai posé mon sac à dos pour observer des marmottes jouer à cinquante mètres de moi, parfaitement indifférentes à ma présence. Vous ne verrez ça nulle part en bord de route.
Voici ce qui distingue cette vallée des destinations alpines classiques :
- Aucune station de ski ne défigure le versant principal
- Les hameaux de Névache ont conservé leur architecture savoyarde authentique
- La vallée est classée en zone Natura 2000, ce qui protège sa faune et sa flore exceptionnelles
- L’accès reste gratuit et non payant, contrairement à certains sites alpins voisins
L’église Sainte-Marie-Madeleine de Névache, construite au XVe siècle, mérite un détour. Sa façade romane patinée contraste avec les sommets enneigés en toile de fond. Un décor que même un photographe professionnel aurait du mal à rattraper au montage.
Randonnées et panoramas : le meilleur de la vallée de la Clarée
Je compte au moins une dizaine d’itinéraires balisés accessibles depuis le fond de vallée. Le sentier qui monte au lac des Béraudes, à 2 380 mètres, reste mon coup de coeur absolu. Comptez environ 3h30 de marche pour atteindre ce miroir d’eau cerné de roches mordorées et de névés persistants même en plein mois de juillet. La ressemblance avec le Lago di Sorapis dans les Dolomites est troublante.
| Randonnée | Dénivelé | Durée estimée | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Lac des Béraudes | +700 m | 3h30 aller-retour | Modérée |
| Col de Buffère | +850 m | 4h00 aller-retour | Soutenue |
| Granges des Acles | +300 m | 1h30 aller-retour | Facile |
La optimale période pour visiter s’étend de juin à septembre. En juillet et août, les prairies explosent de couleurs : gentiane, lys martagon, pensée des Alpes. Ces tapis floraux donnent à la vallée une dimension presque féerique que les descriptions ne peuvent pas vraiment rendre.
Pour les amateurs de paysages spectaculaires des Alpes françaises, il faut aussi longer la Clarée à pied depuis le parking des Alberts jusqu’au hameau des Acles. Trois kilomètres à plat, le long de la rivière, avec des vues dégagées sur les parois calcaires dominant la vallée à chaque tournant. Simple, accessible, mémorable.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




