À 3 kilomètres à peine de la presqu’île de Giens, la Madrague de Giens reste l’un des secrets les mieux gardés de la côte varoise. Pendant que Cassis accumule les cars de touristes et les menus plastifiés, ce petit port de pêche authentique continue de vivre à son propre rythme, presque indifférent à l’agitation du monde moderne. J’y suis arrivée un mardi matin de septembre, valise cabine et carnet en main, et j’ai immédiatement compris que j’avais mis le pied dans quelque chose de rare.
Le quai sent encore le filet mouillé et le gasoil. Des pointus, ces barques traditionnelles méditerranéennes à la proue effilée, se balancent contre les bords. Ici, la pêche n’est pas un décor de carte postale : elle structure réellement la vie du village. Les pêcheurs rentrent tôt le matin, vendent directement sur le port, et repartent. Pas de boutiques de souvenirs en vue. Pas de file d’attente pour un bateau à fond de verre.
Un port préservé entre terre et lagune
Ce qui rend la Madrague de Giens si singulière, c’est sa géographie. Le village se niche sur la côte sud de la presqu’île de Giens, coincé entre la mer ouverte et l’étang des Pesquiers, une lagune classée site Natura 2000. Cette double nature, maritime et lagunaire, crée une atmosphère suspendue que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur la côte varoise.
L’architecture reflète cette discrétion volontaire. Les maisons basses, enduites à la chaux, s’égrènent sans chercher à impressionner. Pas de résidences néo-provençales à volets turquoise comme on en trouve désormais à Cassis. Ici, les façades ont gardé leurs teintes naturelles, ocre pâle et blanc cassé, et les ruelles restent étroites comme elles l’étaient au XIXe siècle, quand les pêcheurs du coin approvisionnaient déjà Toulon.
| Critère | Madrague de Giens | Cassis |
|---|---|---|
| Fréquentation estivale | Locale et familiale | Internationale et dense |
| Type de port | Pêche artisanale | Plaisance et tourisme |
| Restaurants sur le quai | 3 à 4 adresses simples | Plus de 20 établissements |
| Prix moyen d’un repas de poisson | Environ 18 à 22 € | 35 à 55 € |
Le parc national de Port-Cros, dont la zone marine protégée longe la presqu’île, contribue directement à préserver la qualité de l’eau et la vie sous-marine autour de Giens. Les fonds atteignent une clarté remarquable, avec une visibilité parfois supérieure à 15 mètres en été.
Ce que Cassis a perdu et que la Madrague a gardé
Cassis était autrefois ce genre d’endroit. Avant que le Guide Michelin ne la consacre, avant les loueurs de kayaks au mètre carré. La Madrague de Giens ressemble à ce que Cassis était dans les années 1970 : simple, direct, sans artifice.
Voici ce que j’ai noté lors de ma visite, et qui m’a surtout frappée :
- Des enfants du coin qui plongent depuis la jetée, sans complexe ni surveillance excessive
- Un marché informel de poissons frais directement débarqués le matin
- Une épicerie qui vend encore des filets à provisions en plastique tressé
- Des anciens qui jouent à la pétanque face à la mer dès 17h, régulièrement
L’authenticité d’un port de pêche méditerranéen ne se mesure pas à ses labels touristiques. Elle se ressent dans ces détails qui résistent au temps.
Pour bien profiter de la Madrague, venez hors saison : entre mai et juin, ou dès la mi-septembre. La presqu’île de Giens est accessible depuis Hyères en moins de 20 minutes, ce qui en fait une étape facile à glisser dans un itinéraire varois. Vous repartirez avec l’impression d’avoir trouvé quelque chose que peu de gens connaissent encore.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




