Plus paisible que Marseille, moins endormie qu’Avignon : cette ville provençale fait l’unanimité

Marché de rue avec vendeurs, clients et café en Provence

Trois jours à sillonner le sud de la France, un carnet de voyage bien rempli, et une évidence s’impose : Aix-en-Provence occupe une place à part dans le cœur des voyageurs. Ni l’agitation permanente du Vieux-Port, ni la torpeur des ruelles avignonnaises un lundi matin. Quelque chose d’autre, de plus équilibré.

Aix-en-Provence, la ville provençale qui trouve le juste équilibre

Je me souviens de mon arrivée cours Mirabeau, ce boulevard planté de platanes centenaires qui filtre la lumière en une mosaïque dorée. Les façades baroque des hôtels particuliers du XVIIe siècle bordent l’allée comme des pages d’un livre d’architecture ouvert en plein air. Les fontaines coulent, les terrasses de café débordent légèrement sans envahir le trottoir. C’est vivant, mais respirable.

Comparée à Marseille, qui concentre plus de 870 000 habitants et une énergie parfois écrasante pour qui cherche la quiétude, Aix offre une cadence différente. Ses 145 000 résidents maintiennent l’animation sans saturer l’espace. La différence se sent dès le premier quart d’heure de balade.

Voici les attraits qui font revenir les voyageurs :

  • Le marché de la place des Prêcheurs, trois fois par semaine, avec ses fromages de chèvre et ses olives marinées aux herbes de Provence
  • L’atelier Cézanne, conservé tel quel depuis la mort du peintre en 1906, avec ses pommes encore posées sur la table
  • Le quartier Mazarin, grille en fer forgé, jardins discrets et pavés inégaux sous les semelles
  • Les thermes Sextius, fondés à l’époque romaine, toujours actifs pour qui veut soigner ses jambes après une journée de visite

Avignon, à 80 kilomètres vers le nord, séduit surtout pendant son festival de juillet. Le reste de l’année, beaucoup de commerces ferment tôt, et la ville retient son souffle. Aix ne retient rien : elle vit douze mois sur douze, grâce spécialement à ses 40 000 étudiants qui maintiennent une circulation culturelle constante.

Ce que les visiteurs ne voient pas toujours de cette cité provençale

Au-delà du centre historique bien documenté, j’ai pris l’habitude de monter vers la montagne Sainte-Victoire. Cézanne l’a peinte plus de quatre-vingts fois. Debout face à ses parois calcaires qui virent au rose à l’heure du couchant, on comprend mieux l’obsession du peintre. Ce sommet culmine à 1 011 mètres et se randonne facilement depuis le village du Tholonet, à quelques kilomètres du centre-ville.

Voici un rapide comparatif pour situer Aix-en-Provence face à ses voisines :

Critère Marseille Avignon Aix-en-Provence
Population 870 000 hab. 93 000 hab. 145 000 hab.
Ambiance Intense, maritime Historique, saisonnière Équilibrée, estudiantine
Tourisme culturel Mucem, calanques Palais des Papes Cézanne, baroque, thermes

La gastronomie mérite aussi qu’on s’y attarde. Le calisson d’Aix, confiserie à base de melon confit et d’amandes, existe depuis le XVe siècle selon les archives de la ville. Certaines confiseries du cours Mirabeau perpétuent encore la recette d’origine, sans colorants ni arômes ajoutés.

Pour un prochain séjour, je vous conseille de prévoir au minimum trois nuits : une pour le centre historique, une pour la Sainte-Victoire, une pour flâner sans programme. C’est régulièrement cette dernière journée, sans itinéraire ni contrainte, qui révèle l’âme réelle d’une ville provençale comme celle-ci.

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