Perché dans les Côtes-d’Armor, à quelques kilomètres de Lamballe, le château de la Hunaudaye dresse ses cinq tours médiévales au-dessus des landes bretonnes depuis le XIIe siècle. Peu de voyageurs le connaissent. C’est précisément ce qui m’a poussée à m’y arrêter lors d’un road trip en Bretagne intérieure : les forteresses oubliées racontent souvent les histoires les plus saisissantes.
Fondé vers 1220 par Olivier de Tournemine, ce château seigneurial a traversé guerres, abandons et pillages avant de tomber en ruine progressive à partir du XVIIe siècle. Plusieurs décennies de travaux de restauration, portés par l’association Les Amis de la Hunaudaye fondée en 1967, ont permis de lui redonner une silhouette cohérente. Quand j’ai franchi le pont-levis reconstruit, j’ai compris que ce lieu méritait bien plus qu’une élémentaire halte touristique.
Un château breton sorti des ruines : l’ampleur d’une restauration patrimoniale
La première chose qui frappe, c’est l’échelle. Cinq tours massives encadrent une cour intérieure dont les herbes folles côtoient des maçonneries soigneusement rejointoyées. L’association a mobilisé des artisans spécialisés en taille de pierre bretonne, travaillant sur des techniques quasiment identiques à celles du Moyen Âge. Certaines campagnes de travaux ont duré plusieurs années consécutives.
Voici les principales phases de restauration menées depuis les années 1970 :
- Consolidation des fondations et des tours d’angle (années 1970-1980)
- Reconstruction partielle du logis seigneurial et des courtines (années 1990)
- Restauration de la tour Poulain et installation des animations médiévales (années 2000)
- Réhabilitation du pont-levis et mise en accessibilité du site (années 2010-2020)
Aujourd’hui, plus de 55 ans de travaux bénévoles et professionnels ont transformé ce qu’on appelait localement « le château fantôme ». Isabelle Guichard, présidente actuelle de l’association, décrit des chantiers où chaque pierre replacée représente une victoire collective. Ce n’est pas de la communication touristique : en visitant le site, on voit encore les échafaudages sur la tour nord-est.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Date de fondation | Vers 1220 |
| Nombre de tours | 5 tours médiévales |
| Classement | Monument Historique depuis 1930 |
| Période de restauration | 1967 à aujourd’hui |
| Tarif adulte (2026) | 6 euros |
Visiter la Hunaudaye : ce que personne ne vous dit avant d’y aller
J’ai visité le château un matin de mai, avant l’arrivée des groupes scolaires. La lumière rasante dessinait des ombres profondes dans les meurtrières, et le silence n’était rompu que par le vent dans les créneaux. C’est dans ces instants que le patrimoine devient physiquement palpable, bien loin des brochures glacées.
Le site propose des visites guidées costumées entre juin et septembre, avec des comédiens qui incarnent la vie seigneuriale du XVe siècle. Comptez environ 1h30 pour une visite complète, davantage si vous grimpez chaque escalier en vis. Les enfants adorent l’accès aux chemins de ronde : la vue sur les bocages des Côtes-d’Armor depuis le sommet de la tour maîtresse vaut largement le détour.
Pour les voyageurs qui préparent un itinéraire en Bretagne centrale, la Hunaudaye se combine parfaitement avec le château de Jugon-les-Lacs, à 15 kilomètres. Deux forteresses médiévales pour une même journée, c’est un programme que je recommande sans hésiter à ceux qui veulent sortir des sentiers battus et découvrir une Bretagne moins photographiée mais tout aussi captivante.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




