Perché à 720 mètres d’altitude sur un éperon rocheux du Vaucluse, Gordes s’impose immédiatement dans le regard. Pas besoin de chercher les superlatifs — les pierres calcaires blondes parlent d’elles-mêmes. La première fois que j’ai vu ce village depuis la route de Cavaillon, j’ai stoppé la voiture sans même y penser. Ce panorama, on ne l’oublie pas.
Classé parmi les Plus Beaux Villages de France depuis 1985, Gordes attire chaque année plus d’un million de visiteurs venus de toute l’Europe. Ce chiffre n’a rien d’étonnant quand on découvre les ruelles en pente pavées de galets, les maisons qui semblent avoir poussé naturellement dans la roche, et cette lumière particulière du Luberon qui transforme chaque façade en tableau.
Un village taillé dans l’histoire provençale
Le château de Gordes domine le village depuis le XIIe siècle. Remanié à la Renaissance, il abrite aujourd’hui un espace culturel avec des expositions temporaires. Quand je m’y suis promenée un matin de septembre, les touristes étaient encore rares — et cette heure-là, avec la lumière rasante sur les remparts, valait tout le voyage.
Le village a traversé des périodes troublées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Gordes fut l’un des foyers de la Résistance provençale dans le Vaucluse. Cette mémoire habite encore les ruelles où les maisons se resserrent, comme pour mieux se protéger. L’architecture n’est pas qu’esthétique — elle raconte une manière d’habiter le territoire, de résister aux composants et à l’histoire.
À quelques kilomètres, le village des Bories totale parfaitement la visite. Ces constructions en pierre sèche datant du XVIIe siècle constituent un patrimoine architectural unique en Europe. Je vous conseille d’y aller en fin d’après-midi, quand les pierres prennent des teintes dorées presque irréelles.
Ce qui rend Gordes irrésistible pour les voyageurs
Voici les indispensables que je recommande lors d’un séjour à Gordes :
- La place du Château et ses terrasses avec vue sur la vallée du Luberon
- L’abbaye de Sénanque, à 3 kilomètres, entourée de lavande en juillet
- Le marché du mardi matin dans le village
- Les sentiers de randonnée vers le plateau des Claparèdes
L’abbaye cistercienne de Sénanque, fondée en 1148, mérite qu’on s’y attarde. Les rangs de lavande qui l’encadrent en été sont devenus l’image la plus photographiée de toute la Provence. C’est cliché, certes — mais devant le spectacle réel, le cliché disparaît.
| Période | Atout principal | Fréquentation |
|---|---|---|
| Juillet – août | Lavande en fleur à Sénanque | Très élevée |
| Mai – juin | Lumière douce, village fleuri | Modérée |
| Septembre – octobre | Couleurs automnales, calme retrouvé | Faible à modérée |
| Décembre – janvier | Village désert, atmosphère unique | Très faible |
Ma saison préférée ? Septembre sans hésitation. Les températures restent agréables autour de 22°C, les groupes de touristes s’amenuisent, et les couleurs du Parc naturel régional du Luberon commencent à virer vers l’ocre et le roux. C’est à ce moment-là que Gordes révèle sa vraie personnalité — austère, silencieux, absolument magnétique.
Si vous envisagez un circuit dans le Luberon, partez de Gordes et rejoignez ensuite Roussillon et Bonnieux. Ces trois villages forment un triangle d’une trentaine de kilomètres qui concentre l’essentiel de ce que la Haute-Provence offre de plus saisissant en termes de paysages et de patrimoine bâti.

Je m’appelle Anne-Sophie et je suis la madame voyage en France de carré d’info !
Exploratrice bohème passionnée de découvertes. Maîtrise l’art de dénicher les trésors cachés des villes et des villages de France .
Je sait capturer l’essence des lieux en photographies et j’adore vous emmener avec moi pour profiter de notre magnifique pays 🙂




